speed

35 ans et 7 choses que j’ai apprises jusqu’à maintenant.

| 18 commentaires

Bien le bonjour.

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler de ce que j’avais appris ces dernières années.

Je fête, en ce 16 novembre, mes 35 ans. Et c’est la première fois que je ressens un de mes anniversaires comme un vrai cap. Mes 30 premières années ont été placées sous le signe de l’apprentissage et de l’expérience me permettant de découvrir qui je suis. À l’aube de mes 30 ans, voyant à peu près où je voulais aller, je me suis mis à fonder et à créer des trucs (une famille, un chez moi, une boîte, des webzines, etc…).

5 ans après, je peux dresser un bilan plutôt positif de ces grandes aventures. Ça n’a pas été facile tous les jours, la route a été très sinueuse et souvent escarpée, mais je suis plutôt content du chemin parcouru et me sens agréablement confiant pour la suite.

Un cap, un anniversaire… voilà un bon prétexte pour écrire un article et lister les choses que j’ai apprises sur la vie jusqu’à présent.

1 – Ne pas confondre satisfaction et bonheur

Je crois que j’ai mis un paquet de temps à assimiler cette différence. J’ai dépensé énormément d’énergie à chercher la satisfaction souvent au détriment du bonheur. La satisfaction c’est ce sentiment d’exaltation quand vous décrochez un super client ou une augmentation, quand vous gagnez beaucoup d’argent, que vous atteignez une certaine notoriété, un certain statut. Le bonheur c’est ce sentiment d’apaisement et cette sensation d’être à sa place dans l’univers quand vous regardez un coucher de soleil avec la personne que vous aimez, quand vous passez une bonne soirée avec des vieux amis ou quand votre enfant court vers vous les bras grands ouverts. La satisfaction est comme le café, un one shot qui booste un moment de la journée et vous fait sentir incroyablement fort mais l’effet retombe assez vite. Le bonheur s’apparente plus à une tisane qui infuserait dans le corps (et l’esprit) un salutaire réconfort. La satisfaction n’est pas mauvaise en soi, elle peut même être très utile pour se construire, mais il ne faut pas lui accorder plus d’importance que le bonheur.

2 – Le temps est le bien le plus précieux que nous avons

« Aujourd’hui est le dernier jour du reste de ta vie », « Vis ta vie comme si chaque jour était le denier » voilà le genre d’expression qu’on a lu et entendu à de très nombreuses reprises, mais je crois qu’on a tous du mal à assimiler cette notion : nous ne sommes pas éternels. De ce fait le temps est une chose extrêmement précieuse qu’on ne peut ni rattraper ni acheter. En regardant derrière moi, j’ai parfois l’impression d’avoir perdu beaucoup du temps à hésiter et à m’égarer. Si j’avais su plutôt de quoi j’étais capable, si je n’avais pas eu peur de m’engager sur des routes prometteuses mais risquées, je crois que j’aurais gagné beaucoup de temps (et peut-être que j’aurais rédigé cet article avec 5 ou 10 ans d’avance ^^). On passe tous beaucoup de temps à gérer notre argent, à construire notre réseau, à prendre soin de notre santé, de notre corps et de nos cerveaux, mais on dépense très peu d’énergie à bien gérer notre temps. Ça fait plusieurs années que je m’applique à bien m’organiser et ne consacrer du temps qu’aux choses qui vaillent la peine (celles qui conduisent avant tout au bonheur plutôt qu’à la satisfaction). Je vous en avais déjà parlé avec la méthode pomodoro ou l’importance des objectifs.

3 – Ne pas rester coincé dans la roue du hamster

Le plus grand danger quand on commence à gagner de l’argent est de se retrouver dans ce qu’on pourrait qualifier de roue du hamster (ou ce que certains appellent la « rat race »). Ce piège, dans lequel un paquet de gens tombent c’est de se retrouver à travailler pour gagner de l’argent permettant de s’acheter des trucs nécessitant de gagner de l’argent. Un vrai cercle vicieux dont il est difficile de sortir. À l’époque où j’étais salarié et que j’avais un salaire scandaleusement élevé, j’ai pu m’acheter un appart, partir en voyage souvent et loin, acheter tous les derniers gadgets à la mode. J’ai même hésité à un moment à acheter un studio à la montagne parce que j’y allais très souvent. Je ne l’ai finalement pas fait parce que je me suis rendu compte (à temps) que ce choix allait m’entrainer vers un mode de vie qui nécessiterait de garder un job super rémunérateur pendant très longtemps pour pouvoir couvrir mes dépenses. Je ne m’en suis pas rendu compte à l’époque, mais ce rêve de studio à la montagne était en fait la porte d’entrée de la roue du hamster… Ne pas être allé au bout de cette envie m’a permis, plus tard, de prendre le risque quitter mon boulot et d’en être où j’en suis aujourd’hui.
La vie de salarié, avec son salaire qui tombe tous les mois est propice au piège. Depuis que je suis à mon compte, j’ai revu mon rapport à l’argent et me tiens à l’écart de ce cercle vicieux. Je ne travaille plus pour pouvoir payer mon mode de vie, mais je cale mon mode de vie sur la façon dont j’ai envie de travailler. L’idée est d’avoir des dépenses fixes plutôt basses pour pouvoir se permettre de travailler moins quand on en a besoin. Aujourd’hui, ma chérie et moi gagnons plutôt bien notre vie, on pourrait se prendre un appart plus grand, acheter une voiture, mais on préfère dépenser notre argent dans des choses qui ne nous engagent pas dans la durée afin de garder toute la liberté de vivre à notre guise (travailler peu, voyager souvent, passer beaucoup de temps en famille, etc.)

4 – La peur est bonne conseillère

tumblr_mhahknfiUD1s3979jo1_500 (1)

On vous a sûrement souvent répété que la peur était mauvaise conseillère. Et bien je crois que c’est tout l’inverse. La peur nous indique clairement les chemins qu’il faut prendre. Quand vous hésitez entre 2 choix, n’hésitez pas à prendre celui qui vous fait le plus flipper. Imaginez-vous en haut d’une montagne au croisement d’une piste verte et d’une piste noire. Vous pouvez opter pour la rassurante piste verte qui vous ramènera en bas de la station tranquillement avec une certaine monotonie ou bien vous élancer dans l’incertaine piste noire. Vous allez en suer et flipper tout au long du parcours. Vous aurez des moments de découragement, mettrez au moins 3h pour arriver en bas. Et il n’est pas impossible que vous finissiez avec un bras dans le plâtre. Mais vous allez vivre une grande aventure, vous allez tester vos limites, ça va être intense, vous vivrez le moment présent comme jamais et ça fera un exploit à raconter le soir devant une bonne tartiflette. Aujourd’hui quand un projet ou une situation me fout les pétoches, qu’elle va demander que je prenne sur moi, que je me mette en danger, je sais que c’est un truc dans lequel il faut s’engouffrer. La peur est un vrai guide, soyons courageux (mais pas inconscient) et n’oublions que le confort et la sécurité mènent souvent à l’ennui.

5 – Voir les signes et croire en sa bonne étoile

Il n’y a pas que la peur qui peut nous montrer le chemin, il y a aussi les signes. Je suis plutôt du genre cartésien, mais je peux m’empêcher de voir des messages dans les choses qui m’arrivent et m’entourent. « C’est un signe ! » est une phrase que j’utilise souvent. Les membres de ma famille sont tous nés un vendredi, c’est un signe ! La famille est quelque chose de sacrée. La fille avec qui je suis sorti la vieille se retrouve par hasard, le lendemain, dans le même train, la même voiture, le même carré. C’est un signe ! C’est devenu la femme de ma vie. Quand j’hésite entre 2 situations ou si je me sens un peu perdu, j’ai l’habitude de chercher des signes pour me guider ou me rassurer. J’ai une explication très rationnelle à tout ça. Je ne pense pas qu’une entité divine m’envoie des messages, mais que mon inconscient me fait voir ce qu’il a envie que je vois. Parfois nous avons du mal à savoir où on doit aller, alors que notre inconscient le sait très bien. Dans mon cas, j’ai l’impression qu’il utilise cette capacité à voir des signes pour me guider. Il en va de même pour ma supposée bonne étoile, je sais bien qu’elle n’existe probablement pas, mais j’ai l’impression qu’y croire permet de me rassurer et d’éclairer les jours de doutes.

6 – Le seule personne a ne pas décevoir c’est soi-même

Le jour de mes 18 ans, une personne bien attentionnée ma tendue une photo de moi enfant et m’a dit « la vie s’offre à toi, mais fais attention, ne déçois jamais ce petit garçon ». Cette phrase m’a tellement marquée que j’y pense encore très souvent aujourd’hui. Il est très difficile de ne pas décevoir les gens, on n’est pas toujours à la hauteur de ce qu’attendent de nous nos parents, nos amis ou notre conjoint. Je sais que j’ai déjà déçu voire blessé mes proches et j’essaye souvent d’être ce qu’ils attendent de moi, mais je sais aussi qu’il est important que je ne déçoive pas le garçon de 10 ans que j’étais. Qu’est-ce que ce le Pierre des années 90 dirait de moi aujourd’hui ? Si j’étais resté dans mon ancien job et que j’avais tué toute la créativité qui bouillonnait en moins depuis mon plus jeune âge, je crois qu’il me jetterait des regards accusateurs (et des cailloux).
Si je pouvais revoir le Pierre ado qui bidouillait des sites web en HTML avec des blagues et des montages photos à l’aube d’Internet (les Modem 56k, Infonie, tout ça…), je serais assez fier de lui dire que publier des débilités sur le web est devenu mon métier.

7 – La vie est comme un jeu vidéo

giphy (1)

Ce dernier enseignement de vie me vient de ma chérie. C’est un point de vue efficace pour pouvoir relativiser toutes les galères et coups durs de la vie. D’après elle, la vie est un jeu vidéo : plus nous avançons plus la difficulté augmente, mais plus on est fort des expériences et bonus acquis dans les niveaux précédents. Les grosses tuiles, les trucs qui vous jettent au fond du gouffre sont autant de boss de fin de niveau qu’il faut vaincre sans se décourager pour pouvoir avancer ensuite. Vaincre un boss de fin de niveau comme une difficulté de la vie nécessite concentration et stratégie pour trouver ce qui terrassera le monstre. J’aime beaucoup cette vision des choses. Quand je dois traverser une épreuve difficile, je me dis voilà mon boss de fin de niveau (et des fois il est sacrément costaud) et je dois la surmonter pour pouvoir accéder à la suite de ma vie.

Bien sûr ces trucs que j’ai appris durant mes 35 premières années n’ont aucune valeur universelle. Vous les trouverez peut-être nuls ou erronés. Mais ce sont mes vérités et elles m’ont beaucoup aidé à avancer. Je trouvais ça important de vous les partager, peut-être y trouverez-vous quelques astuces pour passer au niveau suivant.

En attendant, je vais aller voir ce que me réservent les 35 prochaines années…

À très vite.