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L’info-anxiété et 5 conseils pour arrêter de penser qu’on vit dans un monde horrible

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Bien le bonjour,

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’info-anxiété.

L’idée de cet article m’est venue en lisant le blog d’ Isa Jones. Comme elle (et surement comme vous) j’ai parfois l’impression que le monde est au bord du gouffre.

Attentat, guerre, crash, tremblement de terre… chaque jour un bon lot d’atrocités nous assaillent dès le saut du lit et nous suivent jusqu’à très tard dans la journée. Ce flux continu de mauvaises nouvelles nous donne parfois envie de nous rouler en boule dans un coin et de pleurer.

C’est d’autant plus absurde que globalement le monde ne va pas si mal. Si on s’en fit uniquement aux chiffres (et non aux reportages de BFM) le monde n’a jamais été aussi sûr et même sur les sujets les plus préoccupants (l’économie et le changement climatique, entre autres) les choses commencent à bouger positivement.

Malgré cela, on continue d’être plongé dans un bain permanent d’horreur. On savait qu’on était un peu tous sujet à l’infobésité, voilà maintenant que l’info-anxiété nous guette.

Car il faut bien se rendre compte que ce volume d’information ne correspond pas toujours à la réalité. Savez-vous par exemple que le taux d’homicides a chuté de 40% ces 15 dernières années alors que le nombre d’articles parlant d’homicides a augmenté de 500% !

Comme je suis plutôt du genre optimiste et que j’en avais un peu marre que les actus me répètent à longueur de journée que je n’avais aucune raison d’être si confiant, j’ai commencé à chercher quelques astuces et conseils à mettre en place pour réduire ma consommation d’informations anxiogènes.

J’ai trouvé quelques bonnes pratiques inspirées par certaines personnalités (à la sagesse parfois insoupçonnée). J’essaie depuis peu de les appliquer au quotidien (et je dis bien j’essaie car ce n’est pas toujours évident de se détoxer du flux d’info).

Déjeuner en paix – Conseil donné par Stéphane Eicher

Stéphane Eicher, avait raison avant tout le monde. En 1991 dans sa chanson Déjeuner en Paix il disait :

« J’abandonne sur une chaise le journal du matin
Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent ».
[…]
Je garderai pour moi ce que m’inspire le monde
Elle m’a dit qu’elle voulait si je le permettais
Déjeuner en paix… »

La chanson française des années 90 c’est chanmé !

Alors certes, il n’avait pas anticipé l’avènement du smartphone et des réseaux sociaux, mais l’essentiel était là. Le petit déjeuner doit être un moment convivial où l’on a pas à se soucier de l’état du monde.

Je fais partie de ces gens qui ne peuvent s’empêcher de jeter un coup d’oeil à leur smartphone dès le saut du lit (et d’y garder un oeil même avec une tartine ou une brosse à dent à la main). Mais depuis peu j’essaie de ne le regarder qu’après avoir déposé mes fistons à l’école (quitte à me poser 10 minutes dans un café pour le faire). Le petit déjeuner est désormais dédié à la famille (et aux bonnes tartines beurre confiture de figues qui bizarrement sont meilleures sans massacre au proche Orient) même si ça me démange parfois de saisir mon iPhone.

Ne plus lire les gratuits – Conseil donné par la Love Police

L’épreuve petit-déjeuner zéro-info était juste un échauffement. Les infos anxiogènes sont tenaces et attendent que vous sortez de chez vous pour vous sauter dessus. Elles prennent la forme de journaux gratuits tendus paradoxalement par des gens souriants.

Après avoir regardé cette vidéo de la Love Police qui milite pour faire du métro de New-York un lieu plus heureux, j’ai arrêté de prendre les gratuits qu’on me tendait le matin à l’entrée du métro. Au sein de l’unique wagon heureux du métro de New-York », il est interdit de lire les journaux parce que : « les journaux gratuits ne sont pas là pour vous informer, ils sont fait pour vous bourrer le crâne avec la guerre, la terreur, la pauvreté, la famine… »

L’ignorance sélective – Conseil donné par Tim Ferris

Déjeuner en paix et dire non aux gratuits ne vous empêchera pas d’apprendre un horrible accident d’autocar avec des orphelins ou le dernier scandale financier avec des sommes dépassant l’entendement avant d’arriver au travail. Non, les notifications de votre smartphone se chargeront de vous annoncer toutes nouvelles de la plus extrêmes urgences (et des extrêmes urgences il y en a environ une vingtaine par jour !).

Franchement quel est l’intérêt d’apprendre en temps réel les résultats d’un match de foot, l’annonce d’un nouvel impôt ou le dernier scandale de Miley Cyrus ?

Le jour où l’humanité a accepté que les actualités avaient le droit de s’inviter en plein milieu de nos repas de famille, de nos apéros ou au cours d’une balade en amoureux, je crois qu’on a fait une grosse connerie (bon OK, c’était pas la première, ni la dernière…).

Dans son livre controversé « La semaine de 4 heures » Tim Ferris présente de nombreuses astuces pour mieux gérer son temps. Parmi elles, l’ignorance sélective consiste à se tenir volontairement éloignée des sources d’information. Sur mon téléphone, j’ai donc désactivé TOUTES les notifications. Au final ça ne m’a pas du tout manqué.

Prends soin de ton flux – Conseils donné par Grazia

J’ai une question pour les gens qui partagent et likes les faits divers du Progrès ou du Midi Libre : c’est quoi votre problème ? Sérieusement !

J’avoue être un peu nostalgique de l’époque ou Facebook était ce grand n’importe quoi où on ne faisait que se marrer en créant des groupes les plus débiles les uns que les autres…

Aujourd’hui, quand je vois surgir la dernière vidéo de massacre de Daesh entre un selfie et un vidéo de chaton, je fais un peu cette tête :

fright

Des trucs affreux débarquent au milieu des tranche de vie de mes amis sans crier gare.

Dans cet article super intéressant de Grazia (oui, vous avez bien lu : les mots « intéressant » et « Grazia » sont bien ici associés) plusieurs personnes racontent comment elles se sont désintoxiquées de l’info.

On se rend compte qu’il suffit de pas grand chose : faire plus attention aux gens et sources auxquels on s’abonne, trier les infos et faire régulièrement le ménage. Bref une version 2.0 du bougez, buvez, éliminez…

Il faut prendre l’habitude de nettoyer régulièrement son Facebook (et autres réseaux sociaux), car finalement c’est un peu comme une chambre qu’on laisserait en bordel sans rien ranger pendant des mois : des trucs bizarres finiraient par sortir de sous la pile de vêtements sales.

Pour moi Facebook, doit un être un truc où je me connecte pour avoir des news de mes amis, lire quelques conneries débiles et voir passer des idées et projets inspirants. Je m’efforce de faire en sorte que ce soit vraiment ce type d’info qui remontent dans mon flux d’actualité. Il faut donc consacrer du temps pour rendre son flux beau et joli en faisant régulièrement du tri.

Un vrai temps pour l’info – Conseil donné par Jean-Pierre Pernaut

Jean Pierre Pernault

C’est fou comme une photo de Jean-Pierre Pernaut peut habiller un article de blog

A ce stade de l’article, vous vous dites peut-être que ces astuces un peu draconiennes pour lutter contre les assauts répétés de l’actualité morose vont me couper du monde réel et que je préfère me voiler la face plutôt que de regarder la dureté de notre société droit dans les yeux. Ce n’est pourtant pas le cas. J’ai juste envie de choisir le moment où je prends connaissance de l’état du monde.

Je suis le premier à me moquer du journal TV à l’ancienne mais cette grande messe cathodique ringarde a pourtant intérêt d’être limitée dans le temps et à heure fixe. Certes on ne choisit pas le type d’info qu’on va nous servir, mais on choisit ou non d’être informé en se posant devant son poste de TV.

Aujourd’hui, c’est tout l’inverse, on peut choisir avec une précision sans pareil le type d’infos qui nous intéresse, mais on ne choisit plus quand on les reçoit.

L’idéal serait d’arriver à choisir non seulement les info mais aussi le moment où on veut les apprendre.

Pour ma part, j’essaie de me caler un temps dans la journée pour se tenir au courant (généralement je prend 20 min après le repas du soir, une fois que mes enfants sont couchés). Je consulte l’article « L’essentiel du jour » sur le Le Monde ou le Huffington Post (qui à ma connaissance a été le premier gros média a faire un mea culpa en déclarant que les sites et chaînes d’info étaient responsables de la morosité actuelle. D’ailleurs en réponse à ce constat, le site web a lancé le projet What’s Working)… et ça me suffit amplement.

Malgré tout ça il m’arrive encore certains jours de perdre la bataille de l’info-anxiogène. Je reste un gros accro du net. Mais prendre un peu de recul sur toutes ces mauvaises nouvelles fait un bien fou.

Pour conclure parce que cet article était quand même super long…

En résumé, je dirais qu’il ne faut jamais oublier que si le volume de mauvaises nouvelles augmentent ça ne veut pas forcément dire que le monde va moins bien et qu’il est important d’apprendre à aller vers les informations plutôt que de les laisser venir à nous.

Si vous avez d’autres conseils pour lutter contre l’info-anxiété, je suis bien sur preneur.

Voilà, c’était super intéressant, non ?

Pierre.